Que ce soit dans la filière vélo ou ailleurs, la transparence des salaires est un enjeu majeur pour les salariés comme pour les employeurs. Afin de réduire les inégalités salariales et les discriminations, une nouvelle directive européenne devrait entrer en vigueur en juin 2026. Notre article vous propose un zoom sur la transparence des salaires dans la filière vélo ainsi que sur les changements prévus par la législation.
Transparence des salaires dans la filière vélo : où en est-on ?
Le secteur du vélo est en pleine mutation, porté par la croissance exponentielle engendrée par le développement de la mobilité douce. Un engouement qui pourrait pourtant rencontrer ses limites dans l’opacité des salaires.
Cyclisme : une filière peu marquée par la transparence
Dans l’industrie du vélo comme dans beaucoup de secteurs, la transparence salariale est très limitée. La majorité des offres d’emploi ne mentionnent pas de salaire, ni même de fourchette de rémunération. Un manque de références qui freine les futurs professionnels dans leurs choix et limite la reconnaissance des métiers du secteur.
Pour améliorer la circulation des informations, EMPLOIVÉLO a lancé la première enquête nationale sur les salaires. En participant à cette étude, vous contribuez à améliorer la transparence dans la filière et à valoriser ses métiers.
Transparence des salaires : comment l’améliorer dans le secteur cycliste ?
L’affichage systématique du salaire mensuel ou d’une fourchette de rémunération dans une offre d’emploi est une nécessité, notamment pour l’équité salariale. Cependant, ce n’est pas le seul changement à espérer pour voir la filière devenir plus attractive. Une culture globale de la transparence doit être mise en place, afin de permettre aux candidats d’opérer des choix de carrière en pleine conscience.
Par ailleurs, au sein même des entreprises, offrir une grille de lecture des salaires en fonction de l’expérience et du métier permettrait aux employés de mieux comprendre certains écarts de salaires, perçus comme des inégalités, ou de pointer du doigt la discrimination salariale entre hommes et femmes.
Quels avantages à être transparent sur les salaires ?
Opter pour la transparence des salaires dans le secteur du vélo offre de nombreux avantages qui profiteraient, en réalité, à quatre niveaux.
Pour les candidats
Pour les candidats à l’emploi, la transparence des salaires est indispensable afin de renforcer la confiance. Du côté des postulants, il s’agit d’avoir toutes les informations pour négocier leur salaire à l’embauche. L’opportunité de mieux se positionner sur le marché de l’emploi est essentielle, car elle permet d’équilibrer la négociation dès le départ, avec des candidats qui connaissent la valeur de leurs compétences, de leur expérience et qui peuvent mieux déterminer leurs attentes.
Pour les salariés
Au sein même des entreprises de la filière vélo, valoriser la transparence des salaires permet aux salariés en poste de renforcer la confiance entre eux et en la hiérarchie. Pouvoir accéder à une grille de rémunération désamorce les tensions internes et les rivalités.
Pour les entreprises
La sérénité instaurée par la transparence des salaires est un vecteur de motivation pour les employés, ce qui améliore la productivité pour les entreprises ! De plus, il y a un avantage dès l’embauche : la sélection est plus efficace. Ce sont autant d’économies réalisées sur les erreurs de recrutement. Avec ces deux leviers, la santé économique de votre entreprise s’améliore sur le long terme.
Pour la filière vélo en général
La transparence des salaires dans la filière vélo profiterait donc à tous, et à la filière elle-même indirectement. Dans les métiers qui peinent à recruter, comme celui de mécanicien cycle, l’honnêteté favorise l’attractivité. De plus, cette transparence contribue à la rétention des talents et à la réduction du turnover. Une condition indispensable pour que le secteur continue de déployer son potentiel économique !

Quels avantages à être transparent sur les salaires dans la filière vélo ?
Secteur du vélo : pourquoi toutes les entreprises ne font pas le choix de la transparence des salaires ?
Malgré les avantages indéniables de la transparence des salaires, beaucoup d’entreprises du vélo font le choix de ne pas s’y conformer. Il peut y avoir plusieurs raisons à cela.
Craintes liées à la concurrence
Une entreprise qui ne pratique pas la transparence des salaires peut craindre l’utilisation d’informations stratégiques par les entreprises concurrentes. En effet, le niveau de rémunération des employés donne des indications sur :
- la valeur accordée aux compétences ;
- l’état financier de l’entreprise ;
- sa politique de recrutement.
Autant d’informations qui permettent à la concurrence de proposer des offres plus attractives pour toucher les talents, surtout dans des secteurs tendus et compétitifs comme celui de la mécanique du cycle.
Transparence des salaires : une culture peu présente en France
La transparence des salaires n’est pas un phénomène profondément ancré dans la culture française, pays où l’argent est lui-même parfois considéré comme un sujet tabou. Ainsi, à la lueur de cette information, il est compréhensible que certaines entreprises n’en fassent pas une habitude. En l’absence de cadre clair et d’obligations légales, elles préfèrent retenir les informations plutôt que de créer des malentendus, voire des tensions au sein de leur entreprise devant les écarts de salaires.
Manque de ressources pour réaliser des grilles salariales
Faire le choix de la transparence des salaires en interne implique une certaine organisation et des ressources qui manquent à certaines petites entreprises. La filière du vélo, en plein boom, voit de nombreuses entreprises se créer chaque jour. Toutes jeunes, elles n’ont pas encore les outils nécessaires à l’établissement d’une grille salariale claire et efficace.

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Transparence des salaires : les changements prévus en juin 2026
La directive européenne (UE) 2023/970, qui doit entrer en vigueur au mois de juin 2026, vise à redessiner les obligations pour les employeurs quant à la transparence des salaires.
Des obligations légales, mais pas pour toutes les entreprises
La directive européenne, qui devrait être transposée dans le droit français avant le 7 juin 2026, ne concerne pour l’instant que les entreprises de plus de 50 salariés. Cependant, les petites entreprises de la filière vélo qui souhaitent voir le secteur s’améliorer pourront suivre ces mesures. Elles n’auront, en revanche, aucun compte à rendre concernant leurs pratiques.
Des obligations avant l’embauche
La directive prévoit des obligations légales dès le processus de recrutement. Ainsi, l’employeur devra indiquer dans l’offre d’emploi le salaire proposé ou une fourchette en vue de la négociation lors de l’entretien. De plus, le candidat pourra obtenir, s’il le souhaite, des informations concernant les conventions collectives applicables. Pour finir, la directive prévoit une interdiction pour les employeurs de demander aux candidats leurs précédentes rémunérations.
Des obligations après l’embauche
Après le recrutement, les entreprises de plus de 50 salariés devront appliquer en interne une série de mesures visant à renforcer la transparence sur les salaires. Ainsi, devront être mis à disposition de tous les employés les critères utilisés pour fixer :
- la rémunération des employés ;
- les différents niveaux de rémunération ;
- la progression des salaires.
De plus, les employeurs devront impérativement se conformer au RGPD afin que les données de leurs salariés soient efficacement protégées. Enfin, il faut noter que, malgré ces changements, les employés ne pourront pas demander d’informations concernant le salaire de leurs collègues de travail de manière nominative.

Des obligations après l’embauche
Des comptes rendus obligatoires
Pour s’assurer que les bonnes pratiques soient respectées, la directive s’accompagne d’une série d’obligations concernant les comptes rendus. Ces derniers prennent un caractère obligatoire pour toutes les entreprises de plus de 50 salariés, mais les modalités changent en fonction de la taille de l’effectif. Le rapport est dû :
- tous les trois ans pour les entreprises comptant entre 100 et 249 salariés ;
- tous les ans pour les entreprises de 250 salariés ou plus.
Une obligation de correction sera imposée à toutes les entreprises qui montrent un écart de plus de 5 %. Les entreprises de moins de 100 salariés effectueront un reporting des rémunérations, mais ne seront pas tenues de corriger les écarts salariaux de plus de 5 %. Enfin, notez que pour les grandes entreprises comptant plus de 250 salariés, le rapport doit inclure le détail des salaires mensuels par genre, affichant les critères de détermination des rémunérations. Une mesure qui vise à réduire les inégalités salariales entre les hommes et les femmes.
Transparence des salaires : les entreprises qui la pratiquent déjà
Si la transparence des salaires dans la filière vélo est encore émergente, il existe des entreprises dans d’autres secteurs qui prônent déjà cette honnêteté. Le site Internet Culture RH évoque le cas des entreprises Alan, Lucca, Shine et Thermador. Elles ont toutes fait le choix d’une totale transparence et ne le regrettent pas. Cette politique a un impact significatif sur la fidélisation des employés et sur leur motivation. À condition de maîtriser cette transparence des salaires !
Adopter une transparence salariale ne se résume pas à afficher des chiffres. Il faut d’abord établir une grille de salaires juste et cohérente. Ensuite, il s’agit de former les managers pour qu’ils puissent expliquer les écarts de salaires et répondre aux questions pour désamorcer d’éventuelles tensions. En mettant en place une stratégie de transparence des salaires solide, votre entreprise crée un puissant moteur d’engagement et de performance : à long terme, c’est un excellent moyen de rendre votre projet florissant et pérenne.
Si la nouvelle directive européenne sur la transparence des salaires ne prévoit pas d’obligation pour les petites entreprises dans la filière du vélo, elle est encourageante pour l’avenir. En jouant le jeu malgré l’absence de contraintes, ces entreprises participent à améliorer l’attractivité du secteur et, à leur niveau, à attirer les talents dans leurs équipes !

Transparence des salaires : les entreprises qui la pratiquent déjà




















