Vincent Rault est passionné de vélo et de nature. Après une carrière militaire, il s’est lancé dans le secteur du vélo, évoluant du poste de vendeur à celui de responsable d’atelier, mettant en avant l’importance de la formation continue et de l’expérience pratique. Malgré le pic de popularité du vélo pendant la pandémie, il observe une certaine prudence chez les consommateurs face aux prix en hausse. Il estime que les ateliers de réparation vélo sont complémentaires aux magasins, soulignant l’importance du service client et du côté humain dans ce métier en constante évolution.
Peux-tu te présenter en quelques lignes :
Vincent, 31ans, je réside dans le Calvados près des plages du débarquement. Je suis un fidèle passionné de vélo et de nature. J’ai deux filles de 2 et 5ans, et bizarrement elle aime le vélo.
As-tu toujours travaillé dans le secteur du vélo ?
À la base, mon rêve d’enfant c’était de devenir militaire. Je me suis engagé le jour de mes 18ans dans l’infanterie de Marine. Suite à une blessure j’en suis sorti. J’ai commencé à travailler dans un magasin multisport au rayon vélo, c’est là que tout a commencé. J’y ai passé un an et j’ai démissionné pour partir passer mon CQP à Grenoble, à l’ex CNPC. Le lendemain de l’obtention de mon diplôme j’ai trouvé un poste de responsable de rayon chez Mondovélo.
Quel(s) formation(s) as-tu suivi pour devenir technicien cycle ?
J’ai passé mon CQP vendeur technicien cycle à Grenoble, c’est une formalité. Après on apprend beaucoup sur le tas, il faut être curieux. Mais le CQP est la base.
Au fil du temps j’ai passé des formations chez les marques, indispensables, comme Shimano Bosch et d’autres. Les marques proposent des formations en interne qui sont un réel plus. Il faut également se former seul si on souhaite augmenter en compétences, c’est ce que je fais pour l’entretien des suspensions.

Un atelier d’un magasin de vélos Mondovélo
Peux-tu nous expliquer ton métier ? En quoi cela consiste-t-il ?
J’ai vu presque toutes les facettes de mon métier, j’ai commencé vendeur technicien, pour devenir ensuite responsable d’atelier et responsable de corner. C’est très varié, cela va du conseil client, à la mécanique pour le poste de technicien. En poste de responsable il y a le côté back-office à gérer, commandes, relations fournisseurs, relations clients/clubs, créer des partenariats, s’occuper de l’équipe, contrôler les indices de ventes, la marge, etc… c’est différent mais très intéressant quand on aime gérer.
Je suis dans ce métier depuis 12ans, j’en apprends encore chaque jour, le marché évolue, les produits aussi, on ne s’ennuie pas si on est curieux et passionné.
Après le COVID et le coup de pouce vélo de 2020-2021, les gens ont « ressorti » le vélo. Est-ce toujours d’actualité en 2024 ?
J’ai bien vu le « boom »vélo durant cette période, on courait partout et on avait l’impression d’être sur un nuage. C’est peut-être ça qui aujourd’hui nous a fait vite redescendre. On a stocké du vélo comme si cette période allait durer. Tout le monde voulait un vélo, notamment à assistance électrique. Et puis la guerre en Ukraine, l’inflation et un peu saturation de marché est arrivée. L’envolée des prix de l’essence nous a bien aidés à vendre dans un premier temps, puis quelques mois après tout à augmenter, absolument tout. Les gens, comme moi, faisons attention à nos dépenses. Les vélos sont devenus chers, certains ont pris 400€. Donc le client pense d’abord à remplir son réfrigérateur et ensuite à trouver une alternative à la voiture pour éviter les frais de route, lorsqu’il le peut. La clientèle aisée, elle, permet au marché du haut de gamme de ne pas
Comment vois-tu les futurs ateliers de réparation vélo : indépendant d’un magasin de cycle ? Un service de réparation à domicile ? Ou toujours lié à un magasin ?
Aujourd’hui je vois tous les modèles. Chacun à sa place je pense, s’il a bien fait son étude de marché pour survivre, beaucoup ne parviennent pas à en vivre. Un atelier est pour moi complémentaire du magasin. La vente n’existe pas s’il n’y a pas d’atelier, et inversement.
Après, un atelier seul sans vente de vélos peut marcher, c’est l’humain qui fera son succès. Mais vendre du vélo rapporte beaucoup si c’est bien géré. Un atelier seul ne permet pas d’engranger des recettes énormes, il faut donc être bon gestionnaire et avoir le moins de charge possible.
Pour la réparation à domicile, je vois peu de gens réussir. Pas de visibilité, des frais de déplacement qui engendre un surcoût pour le client… et beaucoup de gens savent maîtriser les bases de la réparation maintenant.

Technicien Cycle réparant un pédalier
Un conseil pour un être bon technicien cycle ? Des recommandations à nous faire ?
Lors de la soutenance de mon projet de fin d’étude au CNPC, le directeur du centre m’a dit à la fin de mon oral « tu es passionné et passionnant ». Je ne me souviens plus de son nom mais sa phrase résonnera dans ma tête toute ma vie. Il était plein de bienveillance et passionné lui aussi de sport.
Aujourd’hui beaucoup de gens se tournent vers le vélo, notamment en reconversion professionnelle, j’ai eu beaucoup de stagiaires dans ce cas. Le vélo est à la « mode », on voit beaucoup de pub sur « devient réparateur de vélo ». Je pense qu’il ne faut pas faire ce métier par défaut en fonction de la demande du marché, il faut le faire par passion, il faut voir ce métier comme un métier qui propose une autre façon de se déplacer, qui propose aux gens de faire du sport, de s’épanouir. Je ne suis pas qu’un technicien, je suis un peu comme quelqu’un qui a la vocation de donner envie aux gens de faire du sport.
En magasin je ne suis pas le stéréotype du vendeur qui cherche à tout vous vendre, je prends le temps de discuter avec les clients, de voir quels sont leurs besoins. Je leur recommande même des sorties vélos. Internet et ses prix bas sont en concurrence avec les magasins, pour qu’un magasin marche, il ne faut se battre qu’avec le service et le côté humain, je suis très attaché à cela. Parfois je passe une heure avec un client et je ne vends rien. Mais souvent le client revient au magasin acheter parce qu’il a aimé ce premier contact, il a aimé discuter vélo et voir que je ne suis pas là pour tout lui vendre à n’importe quel prix. Oui il faut vendre pour faire tourner la boutique, mais si quelqu’un vient dans un magasin c’est pour y trouver quelqu’un qui va l’aider dans son besoin, pas quelqu’un qui va lui vendre un besoin.
Les gens et les collectivités sou estiment l’impact positif du vélo. Du sport, du bien-être, donc moins de dépenses en santé. Des déplacements plus propres, moins de bouchons en ville… etc… tout est gagnant.
Alors allez-y, roulez.
Donc ma recommandation, si tu aimes le vélo, que ce soit pour le sport ou la mobilité douce, fonce. C’est un métier d’avenir, j’y crois depuis que j’ai commencé il y a 12ans, et j’y travaille toujours. Ce n’est que le début d’une ère où le transport en ville changement, pendant qu’en même temps les gens reviennent à la nature, et le vélo est un des nombreux moyens de s’y évader.
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