La sensibilisation aux enjeux écologiques et la pandémie ont considérablement boosté l’engouement pour le vélo. Une excellente nouvelle pour les acteurs de la filière du cycle, qui se heurtent toutefois à une limite : ils peinent à recruter. Notre article se penche sur les causes de cette pénurie de main-d’œuvre, avant d’explorer les solutions possibles pour réagir efficacement aux tensions qui caractérisent le marché.
Filière du cycle : pourquoi une telle disparité entre les offres d’emploi et les candidats ?
Le vélo est aujourd’hui le mode de déplacement privilégié de nombreux citadins. Les vacanciers, eux aussi, se tournent de plus en plus souvent vers les déplacements en deux-roues ou en VAE pour leurs excursions touristiques. Une croissance rapide qui, sur le papier, a tout d’une bonne nouvelle !
Une croissance particulièrement rapide pour la filière du cycle
La filière du vélo a connu ces dernières années une croissance exceptionnelle. Ce phénomène peut s’expliquer par plusieurs facteurs, à commencer par la sensibilisation au dérèglement climatique. Elle s’est opérée progressivement pour atteindre finalement de nombreux profils de cyclistes. La pandémie a également joué un rôle majeur. Lorsque les transports en commun étaient considérés comme des vecteurs de virus, le vélo s’est placé en solution de choix pour se protéger ! En ajoutant à cela la diversification des offres, avec notamment la popularisation du vélo électrique, et le développement des pistes cyclables, le secteur a connu un réel essor en seulement quelques années.
Un volume de formations trop faible
Si cette croissance économique est un excellent scénario pour les acteurs de la filière du cycle, force est de constater que la main-d’œuvre commence à manquer. En cause, le nombre de formations dans le secteur du vélo, qui reste bien en dessous des besoins de recrutement. Patrick Ohayon, directeur commercial chez Repair and run, l’affirme : il manquerait entre 2 000 et 3 000 techniciens cycle en France pour répondre à ces nouveaux besoins. Afin de réagir à cette urgence, l’État a signé en 2024 avec France Vélo un contrat qui prévoit de :
- réaliser une étude des besoins de compétences et des postes à pourvoir ;
- compléter et enrichir les dispositifs de formation existants ;
- valoriser l’attractivité des emplois dans la filière du cycle.
En s’engageant à mieux connaître les métiers du vélo qui façonneront le marché de l’emploi de demain, l’État pourra compléter les cursus de formation existants et créer de nouveaux cursus adaptés. Il s’agit de fournir de nouveaux talents chez les techniciens cycle, mécaniciens, assembleurs et industriels du vélo, mais aussi de mettre à jour les aménagements urbains. Les formations initiales dans le secteur de l’urbanisme, des mobilités et de l’architecture devront ainsi tenir compte du vélo et du VAE, qui resteront assurément dans notre quotidien.

Fournir de nouveaux talents chez les techniciens cycle
Des opportunités de carrière encore trop peu valorisées
L’accord conclu entre l’État et France Vélo en 2024 prévoit une valorisation de l’attractivité des métiers du cycle. Cette piste est particulièrement pertinente, car les perspectives d’emploi dans le secteur sont aussi nombreuses que méconnues. Avec ou sans formation, nombreuses sont les possibilités ! Il existe même des métiers dont vous ne soupçonnez peut-être pas l’existence et qui méritent d’être connus des jeunes passionnés en phase d’orientation. La mise en place d’une véritable campagne pour rendre plus visibles tous ces métiers qui recrutent est une belle opportunité pour pallier la pénurie. Elle permettrait aussi aux passionnés de la pédale de s’épanouir professionnellement dans une filière particulièrement dynamique.
Magasins de vélos : quels avantages à recruter ?
Face à la pénurie de techniciens cycle, les magasins de vélo sont face à deux options : recruter des candidats ou former de nouveaux employés. En théorie, le recrutement est la solution la plus pertinente, surtout pour les contrats à durée déterminée.
Recruter pour combler rapidement un besoin
Le recrutement d’un technicien cycle déjà qualifié est la solution idéale pour pourvoir un poste de manière urgente. Intégrer un élément déjà formé permet de gagner du temps au moment de la prise de poste, mais aussi dans le travail ensuite. Effectivement, un employé qualifié et expérimenté est opérationnel immédiatement. Il n’a pas besoin de temps d’adaptation ni même de supervision : c’est un réel avantage pour la productivité comme pour la satisfaction client.
Le recrutement coûte généralement moins cher que la formation
La rapidité et la fluidité de la prise de poste permettent déjà de réaliser des économies, puisque le réparateur de cycles est productif dès son embauche. Mais recruter un technicien vélo vous permet aussi de réduire les coûts immédiats ! Une formation de spécialisation financée par l’employeur est un investissement de temps et d’argent qui porte ses fruits surtout sur le long terme.
Recrutement de technicien cycle : une bonne stratégie à court terme
En résumé, miser sur le recrutement d’un technicien ou d’une technicienne cycle est une très bonne stratégie pour combler un besoin immédiat et redresser une situation urgente dans votre magasin de vélos. À condition de trouver des candidats disponibles, qualifiés et motivés pour le poste !

Magasins de vélos : quels avantages à recruter ?
Formation de techniciens cycle en interne : une stratégie payante à long terme
Votre entreprise connaît une forte croissance et vous souhaitez anticiper ses futurs besoins ? La formation au métier de technicien cycle se place en réponse optimale pour développer une stratégie à long terme. Voici les avantages dont vous allez profiter si vous optez pour cette solution.
Pourquoi former des techniciens cycle en interne ?
Former vos employés en interne est une très bonne solution pour faire des économies. Votre entreprise conçoit elle-même les programmes de formation pour le poste de technicien cycle et met en place les sessions. En utilisant les moyens et les ressources internes, vous limitez les frais. De plus, la formation à l’emploi de technicien cycle, lorsqu’elle est réalisée par l’entreprise elle-même, permet de développer une culture de transmission des connaissances. Enfin, avec cette méthode, vous êtes certains que vos employés sont parfaitement au point sur les compétences techniques en général, mais aussi sur les spécificités propres à votre magasin de vélos. C’est un gage de productivité et de pérennité !
Former vos employés : un signe de reconnaissance pour vos équipes
En proposant à vos salariés de se spécialiser au poste de technicien cycle, vous leur offrez une opportunité d’évoluer dans leur carrière. C’est un excellent moyen de leur témoigner votre reconnaissance et de les fidéliser. Garder ses employés dans un secteur d’activité aussi compétitif que le vélo, c’est avoir une longueur d’avance sur les concurrents !
Formations cycle : intégrer un secteur dynamique et passionnant
En tant que demandeur d’emploi, de nombreuses formations dans la filière du vélo vous permettront d’intégrer un secteur en pleine effervescence. Que vous soyez en reconversion professionnelle ou à la recherche de votre voie professionnelle après le bac, vous mettez toutes les chances de votre côté pour que votre CV et votre lettre de motivation intéressent les recruteurs !
CQP Technicien vendeur cycle
Le CQP technicien vendeur cycle vous forme à la fois à la maintenance des équipements du magasin et aux techniques commerciales. En plus de savoir diagnostiquer un dysfonctionnement, vous saurez le corriger afin d’assurer la sécurité des cyclistes. Vous saurez également conseiller les clients, gérer le point de vente et assurer le SAV. Cette formation complète fera de vous un employé polyvalent, certain de trouver sa place dans le monde professionnel !
CQP Technicien cycle
Cette formation aux techniques professionnelles pour devenir technicien cycle se concentre sur la partie montage et réparation : elle vous donne les clés pour assurer la maintenance des vélos et leur bon fonctionnement. En plus du rayonnage et de la mécanique hydraulique, vous apprendrez le montage des vélos neufs. En bref, vous aurez toutes les compétences requises pour trouver rapidement un emploi dans le secteur du vélo et y exceller ! Notez que vous devez justifier de deux années d’expérience en magasin pour accéder à cette formation de spécialisation.

Un technicien cycle en formation dans un magasin de vélo
Formation Monteur Préparateur Cycles (MPC)
En seulement 5 semaines, dont 8 jours de stage, vous assimilez les bases pour répondre à la demande urgente d’employés dans le domaine de la réparation de cycles et de la maintenance préventive et curative. Cette formation est parfaite pour les passionnés de vélos qui souhaitent rapidement intégrer la filière. Elle permet également aux jeunes actifs de devenir financièrement autonomes en tant que réparateur de cycles. Si vous aimez les activités manuelles, que vous êtes rigoureux et que l’intensité d’une formation de 5 semaines ne vous effraie pas, vous avez votre porte d’entrée express vers le secteur cycliste.
Avec les promesses de soutien de l’État, la filière du vélo devrait, dans les prochaines années, voir les tensions se dissiper. D’ici là, pour pourvoir un poste vacant de manière urgente, le recrutement d’un technicien cycle est la stratégie la plus évidente. Cependant, à plus long terme, il vaut mieux former ses propres techniciens. Cette décision vous permet de valoriser vos employés tout en ayant la garantie d’obtenir des profils parfaitement adaptés aux spécificités de votre entreprise. Tout le monde y gagne !























2 commentaires
Si je peux me permettre en tant que technicien, ce n’est pas étonnant que ce soit une pénurie quand on voit le salaire. Etre technicien ce n’est pas seulement une formation, c’est surtout de l’expérience. Il y a des CQP qui ne savent pas faire de purge de frein correctement. Je ne critique pas la formation, je veux juste dire qu’un technicien ca se paye. Quand on voit le salaire proposé par les grandes enseignes, et l’exigence demandé ca ne donne pas envie.
Pour répondre à Julien,
je suis à technicien à mon compte, j’ai ouvert mon atelier il y a 4 ans bientôt après avoir travaillé pour de grandes marques de vélos
j’ai embauché mon apprenti, j’ai embauché un technicien confirmé.
Quand je vois les charges de tout ça, et le revenu faible que j’arrive à me sortir, le problème ne vient pas des employeurs qui ne veulent pas payer, mais plutôt des charges élevé pour un coût de main d’œuvre et marge de pièces que les clients ne sont pas vraiment prêt à accepter de payer